La majorité des retraités n’ont pas l’air de se plaindre de cette période de la vie, mais les choses pourraient changer.
Après les réformes ou tentatives de réformes en 1993 et 2003, qui ont vu le régime général modifié par les lois BALLADUR et FILLON, c’est aujourd’hui, au tour des régimes spéciaux de subir les foudres du gouvernement. Je reviendrai ultérieurement dans un autre article en profondeur sur le régime spécial des cheminots. Les objectifs de cette réforme sont multiples;
le premier d’entre eux est de limité l’écart qui va se créer encore avec le régime général l’année prochaine, puisqu’il est prévu de modifier la loi afin de porter le temps de cotisation à 41 annuité, au lieu de 40 aujourd’hui, puis à 42 ou plus en 2012. Si les régimes spéciaux n’étaient pas indexés sur le régime général, on pourrait finir par crier aux privilèges!!!
Le deuxième point, c’est qu’à partir d’un certain nombre d’année de cotisation (25 en l’occurence) rien ne vous empêche de prendre votre retraite, si ce n’est la fameuse décote. A 5% en moins par années manquantes, vous avez vite fait de vous retrouver avec des clopinettes pour vivre; Le choix qui nous est donné, c’est donc de continuer à travailler.
Un autre point, c’est le financement de nos retraites; aujourd’hui le système par répartition implique qu’il y ait des cotisants pour alimenter le pot; je dirai même, plus il y a de cotisants mieux c’est. Malheureusement, les entreprises françaises, sous le joug des fonds de pension de retraite américains et anglais ont tendance à s’installer dans les pays émergents où les droits des salariés sont nuls ou presque et où les coûts de productions sont moindres afin d’augmenter les profits qui permettront de payer les dividendes induis par les investissements des fonds de pension; en quelques mots, nos entreprises vont faire des bénéfices à l’étranger pour payer les retraites des américains et des anglais. Comme il y a moins de salariés en FRANCE, il y a moins de cotisants donc un déficit de la caisse de retraite, car dans le même temps, il y a plus de retraité, ces derniers refusant de mourir.
Le but pas vraiment dévoilé à ce jour est de nous pousser vers la capitalisation des retraites. J’en vois qui commence à regarder dans le fond des tiroirs s’il ne reste pas quelques billets. Eh oui! Pour capitaliser, il faut avoir de quoi. J’ai fait une petite simulation l’autre jour, 100 EUR/mois pendant les 15 ans qui me reste à travailler environ je récupère à la sortie à peu près 1 an de mon salaire actuel soit moins de 22 000 euros. Même si cette somme ne constitue pas l’essentiel de ma retraite, puisqu’il y aura toujours une part de répartition (inconnue à ce jour), j’ai peur de ne pas pouvoir tenir très longtemps avec.
Le problème avec ce système, c’est que si vous épargnez en vue de votre retraite, à moins d’en avoir les moyens, il ne vous reste pas forcément grand chose pour consommer et donc relancer la croissance du pays; si pas de point de croissance, comme l’a martelé le président pendant sa campagne, hausse du chômage, si hausse du chômage, pas de consommation, pas de cotisation retraite, déficit de l’ASSEDIC, enfin bref c’est la cata. Autre soucis, eh bien, il y a de la concurrence dans le secteur, parce que tous le monde investis dans les pays à fort potentiel de rendement, autrement dit, on va faire aux autres ce que les américains et anglais qui sont toujours là, nous ont fait. Oui mais il y a un moment donné où il n’y aura plus pays suffisamment intéressants pour accueillir les investissements, à moins de maintenir les ouvriers de ces pays là, à l’état d’esclaves (sous payé, 70h/semaine, peu de repos ou pas). Parce qu’il faut dire que théoriquement, les investissements en question sont censés aider au développement du pays et à l’amélioration des conditions de vie et de travail du peuple.
C’est beau la solidarité entre les peuples, pendant ce temps, cette nuit à Marseille, un SDF est mort de froid, là au pied de chez moi où de chez toi peut-être; mais dans vingt ans le SDF, toi, moi… mais non ces choses là n’arrivent qu’aux autres.
A titre d’exemple, le salaire moyen en FRANCE en 2004 (source INSEE) était de 1903 EUR. Je ne sais pas vous, mais aujourd’hui, après 26 ans de boîte et un niveau maîtrise, je suis en dessous, et je crois qu’on est nombreux dans ce cas, alors la capitalisation.
Voilà pour le régime général, vous savez à peu près ou on va, et surtout ou vous en êtes, alors opposer les salariés sur les régimes de retraite alors que la majorité sont dans le même bain!